II - Architecture Spine Leaf
1. Confrontation des deux architectures
Les deux principes d’architecture que sont « Spine Leaf » et « Core, Aggregation, Access » disposent de leurs avantages et inconvénients. Le choix du principe d’architecture et des protocoles à implémenter, doit se faire sur la base d’une analyse préalable des besoins et contraintes de l’entreprise.
Les contraintes et besoins qui peuvent influencer la conception des architectures sont les suivants :
Vous trouverez ci-dessous un tableau benchmark :
| caractéristiques | Spin Leaf | Core, Aggregation, Access |
|---|---|---|
| Taille du réseau | Grande échelle, milliers d’équipements | Moyenne à petite échelle, centaines d’équipements |
| Nature des flux | Est-Ouest (entre serveurs) | Nord-Sud (utilisateurs vers serveurs ou Internet) |
| Scalabilité | Très élevée | Moyenne |
| Performance | Elevée | Moyenne |
| Redondance | Très élevée | Moyenne |
| Automatisation | Nombreuses possibilités | Très limitée |
| Complexité de mise en oeuvre | Complexe | Simple |
| Maintenance | Simple | Peut rapidement devenir complexe |
| Coût financier | Variable | Variable |
Intéressons-nous maintenant à des cas d’utilisation plus concrets des principes d’infrastructure.
Une entreprise pour son siège social ou une succursale utilisera « Core, Aggregation, Access ». En effet, l’utilisation du réseau sera dans la plupart des cas l’accès à des ressources web (Linkedin, Outlook, ect…) mais également à un ERP ou autre logiciel métier hébergé en DATACENTER ou sur les serveurs de l’entreprise. L’utilisation quasiment exclusive d’un trafic Nord-Sud rend l’architecture « Spine Leaf » complétement inadaptée. Cependant l’utilisation de notre architecture à 3 couches offre un moyen simple de procéder à un découpage géographique. L’entreprise aura une couche « Core » par site, une couche « Aggregation » accompagnée de ses switch « Access » pour permettre la connexion des employés.
L’utilisation d’une telle infrastructure sera également préférée pour les mêmes raisons dans le contexte d’un campus universitaire, d’un hôpital ou bien d’une usine.
Pour ce qui est des fournisseurs cloud (AWS, GCP, Azure, OVH…) l’utilisation de « Spine Leaf » répond parfaitement aux contraintes. Une faible latence ainsi qu’une grande bande passante pour les flux Est-Ouest sont nécessaires pour les interactions entre les micro-services qui permettent le fonctionnement optimal de plateformes telles que OpenStak utilisée par les fournisseurs cloud. L’utilisation de « Spine Leaf » avec une solution SDN offre une intégration efficiente des nouveaux clients en leur déployant un environnement réseau cloisonné de manière automatique. Sans oublier la simplification de la gestion quotidienne via l’automatisation et la limitation du nombre de protocoles.
Le déploiement de « Spine Leaf » est également apprécié pour les « Backbone » d’opérateurs internet, les DATACENTER et les supers calculateurs d’IA.
Comme vous avez pu le constater dans ce cours, les protocoles utilisés sur les réseaux existent pour la plupart depuis les année 80. Cependant, la manière de les utiliser au sein des infrastructures évolue de plus en plus vite en fonction des besoins. L’arrivée du SDN en 2010 et aujourd’hui de l’IA nous offre de nouvelles perspectives pour automatiser et dynamiser les infrastructures réseaux afin de répondre aux défis à venir. Nous pouvons nous demander à quoi ressembleront les infrastructures réseaux autogérées par l’IA ?